LE MUR DU FOND#36 ON AIR ET ON LIVE

LE MUR DU FOND #36 :

THE WA

Dimanche 10 Janvier  à 17h30 en Live sur Facebook

Pour son opus n°36, le mur du fond est ravi d’accueillir THE WA.
Artiste urbain protéiforme, aux interstices entre vandalisme et art contemporain, il place le sens au cœur de sa création, la forme en découle ensuite.
Cette façon de voir les choses ne peut évidemment que plaire au Mur du Fond !
Pour le plaisir de la rencontre et de la performance, le comédien Bernard Llopis alias Grand Ber de la compagnie “2L au Quintal” prendra part à l’affaire pour la performance inaugurale…
Vous n’êtes pas sans savoir que les lieux de culture sont fermés ou à peine entrouverts sans vraiment savoir de quoi demain sera fait… En cela, le Mur du Fond se réinvente pour vous proposer une performance en streaming vidéo que vous pourrez découvrir le dimanche 10 janvier à 17h30 sur facebook en suivant le lien : www.facebook.com/events/1306509276392511
S’il s’avère que nous pouvons finalement vous ouvrir les portes, nous vous le ferrons savoir, bien évidemment !
Nous vous attendons donc nombreux, et « on air » .

Plus d’info sur le Mur du Fond ICI


 

THE WA

www.the-wabsite.com/
www.instagram.com/waone2waone2/

La pratique artistique, aujourd’hui, n’est quasiment plus saisissable dans son ensemble, dans une unité stable et figée. L’activité artistique n’existe actuellement qu’à travers son propre mouvement. Ce vaste champ d’exploration permet la mise en place d’un réseau visuel assez large et facilite les rebondissements plastiques. Seule la vitrine de l’art semble s’être figé dans sa forme. Ce n’est pas le moment de refaire l’histoire ni d’en analyser les contenus mais il est important de rappeler que l’art fonctionne sur des territoires différents et des volontés diverses. L’artiste aujourd’hui doit être en mesure de définir sa position et d’en comprendre sa stratégie. Comprendre notre position, c’est pouvoir établir des différences entre le réel et le virtuel, comprendre les rouages entre éthique et politique, et donc de sculpter des nouvelles zones de raisonnements.

On pourrait alors comprendre le travail de The Wa dans sa volonté à créer des nouvelles zones de raisonnement temporaire, pour paraphraser les zones d’autonomies temporaires dont parle Hakim Bey. Il agit sur le réel et le comprend comme décor du monde et comme décor de « son monde ».
Il se plaît à rabaisser les mythes, troubler l’ordre collectif, truquer les valeurs conventionnelles, simuler le réel, déconnecter la logique, défier l’institution, bref il joue à rendre minuscule les majuscules. Juste un simple et malin plaisir à jouer des possibilités extrêmes de l’art.
The Wa se définit et se comprend parfaitement comme acteur du mouvement permanent de l’espace urbain. Il se camoufle en son sein et circule au travers. Son travail n’est visible que dans une certaine concentration de ce mouvement. En effet, comprenons alors l’espace urbain comme une organisation spatiale hyperréalisée, une simulation concrète du réel en son signe. L’hyperréalisme ne représente pas le réel, il le simule. Le réel vidé de son contenu, n’existe que par sa valeur signe. Ainsi, ce réel-là fonctionnera dans une logique de surface codée. The Wa a compris ce jeu d’interfaces cellulaires et joue avec. Il partagera dans son travail, les stigmates d’une forme de disparition symbolique. Issu du graffiti et de cette ferveur à marquer l’insurrection par les signes, The Wa trouble, truque, détourne, court-circuite, l’ordre naturel et paradigmatique des choses.

En effet, une grande partie de son travail s’illustre par l’intervention urbaine : il désorientera par exemple, l’organisation minutieuse des plans de métros, ou il réalisera un bas relief à l’effigie du pouvoir dominant qu’il incrustera dans le paysage urbain, ou il fabriquera un paquet de lessive à son nom, dans des dimensions surhumaines qu’il implantera dans un jardin public, ou enfin, quand un panneau publicitaire lui ouvre réellement les bras au slogan protecteur, il les menotte…
The Wa dénoue les stratégies de l’artifice (production) au profit de l’authenticité (réflexion). Son travail s’imprègne alors d’un regard cynique, d’une pensée parodique, et d’un humour caustique porté sur l’organisation provocante d’un monde déréalisé.

Emmanuel Berque